Le far breton figure parmi les trésors de la pâtisserie traditionnelle bretonne. Cette spécialité gourmande, à mi-chemin entre le flan et le clafoutis, cache souvent des secrets de fabrication jalousement gardés par les grands-mères de la région. Aujourd’hui, nous levons le voile sur la version authentique au beurre salé, celle qu’on hésite généralement à partager tant elle représente l’essence même du savoir-faire familial. Cette recette généreuse, ponctuée de pruneaux moelleux et sublimée par la richesse du beurre demi-sel, transforme des ingrédients simples en un dessert réconfortant qui évoque immédiatement les goûters d’antan. Préparez-vous à découvrir les véritables proportions et les gestes précis qui font toute la différence entre un far ordinaire et celui qui vous transportera directement dans une cuisine bretonne d’autrefois.
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Ingrédients
Ustensiles
Préparation
1. Préparer les pruneaux
Commencez par faire tremper vos pruneaux dans le rhum ambré pendant au moins 30 minutes. Cette macération (action de laisser tremper un ingrédient dans un liquide pour qu’il s’imprègne de ses arômes) permettra aux fruits de s’attendrir et de développer des saveurs plus complexes. Si vous disposez de plus de temps, laissez-les macérer toute une nuit pour un résultat optimal. Égouttez-les ensuite délicatement en conservant le rhum restant que vous ajouterez à la pâte.
2. Faire fondre le beurre
Dans une petite casserole, faites fondre doucement le beurre demi-sel à feu très doux. Attention à ne pas le faire chauffer excessivement : il doit simplement devenir liquide sans grésiller ni brunir. Le beurre demi-sel apporte cette touche salée caractéristique qui équilibre parfaitement la douceur du far. Laissez-le tiédir pendant que vous préparez le reste de la pâte.
3. Mélanger les ingrédients secs
Dans un grand saladier, versez la farine et le sucre en poudre. Ajoutez la pincée de sel fin même si vous utilisez du beurre demi-sel : cette petite quantité supplémentaire rehaussera tous les arômes. Mélangez ces ingrédients secs avec une cuillère en bois pour bien les répartir uniformément. Cette étape garantit une texture homogène sans grumeaux dans votre appareil (mélange liquide servant de base à une préparation pâtissière).
4. Incorporer les œufs
Cassez les œufs un par un dans le mélange farine-sucre. Fouettez énergiquement après chaque ajout pour obtenir une pâte lisse et sans grumeaux. Prenez votre temps lors de cette étape cruciale : plus vous fouetterez, plus votre far sera onctueux. La pâte doit devenir épaisse et homogène, avec une belle couleur jaune pâle caractéristique.
5. Ajouter le lait progressivement
Versez le lait entier en trois fois, en fouettant constamment entre chaque ajout. Cette incorporation progressive évite la formation de grumeaux et permet d’obtenir une consistance parfaitement lisse. Le lait doit être à température ambiante pour faciliter le mélange. Après le dernier ajout, votre appareil doit avoir la texture d’une crème anglaise liquide, coulant facilement du fouet.
6. Parfumer la pâte
Incorporez le beurre fondu tiède en filet continu tout en fouettant. Ajoutez ensuite l’extrait de vanille et le rhum récupéré de la macération des pruneaux. Mélangez délicatement mais complètement pour que tous les arômes se diffusent harmonieusement dans l’appareil. Goûtez votre pâte à ce stade : elle doit être légèrement sucrée avec une pointe salée perceptible.
7. Préparer le moule
Préchauffez votre four à 180°C en chaleur tournante. Beurrez généreusement un moule à manqué de 24 centimètres de diamètre avec un peu de beurre demi-sel supplémentaire. N’hésitez pas à bien enduire les parois et le fond : ce geste facilite le démoulage et apporte une légère croûte dorée très appréciable. Vous pouvez également saupoudrer légèrement de farine après le beurrage pour un démoulage encore plus facile.
8. Disposer les pruneaux
Répartissez les pruneaux égouttés de manière harmonieuse au fond du moule beurré. Espacez-les régulièrement pour que chaque part contienne sa juste portion de fruits. Certaines grand-mères préfèrent les couper en deux pour multiplier les morceaux, d’autres les laissent entiers pour préserver leur moelleux : choisissez selon votre préférence personnelle.
9. Verser l’appareil
Versez délicatement l’appareil à far sur les pruneaux en veillant à ne pas les déplacer. Le liquide doit recouvrir complètement les fruits. Tapotez légèrement le moule sur le plan de travail pour chasser les éventuelles bulles d’air emprisonnées dans la pâte. Cette précaution garantit une texture uniforme après cuisson.
10. Cuire le far
Enfournez le moule sur la grille du milieu du four préchauffé. Laissez cuire pendant 50 minutes sans ouvrir la porte du four durant les 30 premières minutes : les courants d’air pourraient faire retomber votre préparation. Le far est cuit lorsque sa surface présente une belle couleur dorée et que la lame d’un couteau plantée au centre ressort presque sèche. Une légère ondulation au centre est normale : elle disparaîtra au refroidissement.
11. Refroidir et démouler
Sortez le far du four et laissez-le refroidir complètement dans son moule pendant au moins 2 heures. Cette étape de repos est indispensable : elle permet à la texture de se raffermir et aux saveurs de se développer pleinement. Le far breton se déguste traditionnellement tiède ou à température ambiante, jamais brûlant. Démoulez-le délicatement en passant une lame fine sur les bords si nécessaire.
Mon astuce de chef
Pour un far encore plus authentique, remplacez 50 grammes de farine par de la farine de sarrasin : cette céréale typiquement bretonne apportera une note rustique et une couleur légèrement plus foncée. Si vous n’aimez pas le rhum, vous pouvez le remplacer par du jus d’orange ou simplement le supprimer. Le far se conserve parfaitement 3 à 4 jours dans une boîte hermétique à température ambiante et son goût s’améliore même avec le temps. Certaines grand-mères ajoutent une cuillère à soupe de crème fraîche épaisse dans l’appareil pour encore plus de moelleux. N’hésitez pas à varier les fruits : abricots secs, raisins secs ou figues fonctionnent également très bien.
Accompagnements traditionnels
Le far breton s’accompagne traditionnellement d’un cidre brut bien frais, dont l’acidité contraste agréablement avec la douceur du dessert. Pour une version plus festive, optez pour un pommeau de Bretagne, cet apéritif élaboré à partir de jus de pomme et de calvados qui sublime les notes fruitées des pruneaux. Les enfants apprécieront un jus de pomme artisanal légèrement pétillant. En version goûter, un simple chocolat chaud ou un café au lait créent un accord réconfortant parfait pour les après-midis d’automne. Évitez les boissons trop sucrées qui masqueraient la subtilité du beurre salé.
L’info en plus
Le far breton trouve ses origines dans la tradition paysanne bretonne du 18ème siècle. Son nom vient du latin farinam signifiant farine, ingrédient principal de cette préparation économique destinée à nourrir les familles nombreuses. À l’origine, le far se préparait sans pruneaux, version qu’on appelle aujourd’hui far nature. Les fruits secs furent ajoutés plus tard, probablement au 19ème siècle, lorsque le commerce maritime permit leur démocratisation. Chaque famille bretonne possède sa propre recette, transmise de génération en génération avec des variations subtiles : certains ajoutent des raisins secs, d’autres préfèrent les abricots, quelques-uns incorporent un peu de crème. Le secret longtemps gardé concernait surtout les proportions exactes et l’utilisation du beurre demi-sel, cet ingrédient emblématique de la Bretagne qui transforme complètement le caractère du dessert. Dans les crêperies traditionnelles, le far figure systématiquement à la carte et se déguste souvent accompagné d’une bolée de cidre. Ce dessert rustique incarne parfaitement l’esprit de la cuisine bretonne : généreuse, authentique et réconfortante.
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