Far breton aux pruneaux : la recette du dessert incontournable dont le secret est un repos de pâte de 12 heures

Far breton aux pruneaux : la recette du dessert incontournable dont le secret est un repos de pâte de 12 heures

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Rédigé par Clémence

3 mars 2026

Le far breton aux pruneaux figure parmi les trésors de la pâtisserie traditionnelle française. Cette spécialité bretonne, à mi-chemin entre le flan et le clafoutis, séduit par sa texture dense et crémeuse qui enveloppe délicatement les pruneaux moelleux. Si de nombreuses recettes circulent, le véritable secret d’un far réussi réside dans un temps de repos prolongé de la pâte : 12 heures minimum. Cette étape, souvent négligée par les cuisiniers pressés, transforme radicalement la texture finale du dessert. Durant ce repos, les ingrédients fusionnent harmonieusement, la farine s’hydrate complètement et les arômes se développent pour offrir un résultat incomparablement fondant. Contrairement aux idées reçues, cette recette ne demande aucune compétence technique particulière : il suffit de patience et d’anticipation. Préparez votre pâte la veille, laissez-la reposer tranquillement au réfrigérateur, et le lendemain, vous n’aurez plus qu’à enfourner pour obtenir un dessert digne des meilleures crêperies bretonnes.

15

50

facile

Ingrédients

personnes +

Ustensiles

Préparation

1. Préparer les pruneaux

Commencez par placer vos pruneaux dénoyautés dans un petit récipient. Versez le rhum ambré dessus pour qu’ils s’imprègnent de cette saveur caractéristique. Couvrez et laissez macérer pendant toute la durée de préparation et de repos de la pâte. Cette macération, c’est-à-dire le trempage dans l’alcool, permettra aux pruneaux de gonfler légèrement et de développer des arômes plus complexes. Si vous préparez votre far pour des enfants, remplacez simplement le rhum par du jus d’orange ou du thé noir tiède.

2. Réaliser la pâte à far

Dans un grand saladier, versez la farine tamisée. Créez un puits au centre, comme un petit cratère. Ajoutez-y le sucre en poudre, la pincée de sel et l’extrait de vanille. Cassez les œufs entiers directement dans ce puits. Avec un fouet, commencez à battre doucement les œufs tout en incorporant progressivement la farine des bords vers le centre. Ce mouvement circulaire évite la formation de grumeaux. Lorsque le mélange devient homogène mais encore épais, versez le lait petit à petit, toujours en fouettant. Votre pâte doit être parfaitement lisse et liquide, avec une consistance proche de celle d’une pâte à crêpes légèrement épaissie.

3. Le repos indispensable de 12 heures

Couvrez votre saladier hermétiquement avec du film alimentaire. Placez-le au réfrigérateur et laissez reposer pendant 12 heures minimum. Cette étape cruciale permet à la farine de s’hydrater complètement, aux molécules de gluten de se détendre et aux saveurs de se marier intimement. Durant ce repos, la pâte va légèrement épaissir et prendre une texture plus onctueuse. Ne sautez jamais cette étape : c’est elle qui fait toute la différence entre un far ordinaire et un far exceptionnel. Vous pouvez même laisser reposer jusqu’à 24 heures pour un résultat encore plus fondant.

4. Préparer le moule

Le lendemain, préchauffez votre four à 180°C en chaleur tournante. Prenez votre moule à manqué d’environ 24 centimètres de diamètre. Faites fondre le beurre demi-sel dans une petite casserole à feu doux. Badigeonnez généreusement le fond et les parois du moule avec ce beurre fondu à l’aide d’un pinceau. N’hésitez pas à en mettre une bonne couche : cela facilitera le démoulage et apportera une légère croûte dorée sur les bords. Le beurre demi-sel, typique de Bretagne, ajoute une touche salée subtile qui équilibre parfaitement la douceur du dessert.

5. Assembler et cuire le far

Sortez votre pâte du réfrigérateur et donnez-lui un coup de fouet rapide pour la rendre homogène. Égouttez les pruneaux macérés et répartissez-les uniformément dans le fond du moule beurré. Versez délicatement la pâte par-dessus les pruneaux. Vous remarquerez que certains pruneaux remontent à la surface : c’est parfaitement normal et même souhaitable pour obtenir une belle répartition. Enfournez immédiatement pour 50 minutes. Le far est cuit lorsque la surface est bien dorée et qu’une légère croûte se forme. La lame d’un couteau plantée au centre doit ressortir presque sèche, avec juste quelques traces de pâte crémeuse.

6. Refroidir et démouler

À la sortie du four, le far va légèrement gonfler puis retomber en refroidissant : ne vous inquiétez pas, c’est le comportement normal de ce dessert. Laissez-le tiédir dans son moule pendant au moins 30 minutes. Cette étape de refroidissement permet à la texture de se stabiliser. Le far breton se déguste traditionnellement tiède ou à température ambiante, jamais brûlant. Vous pouvez le démouler en passant délicatement une lame de couteau sur les bords, puis en retournant le moule sur un plat de service. Certains préfèrent le servir directement dans le moule pour une présentation plus rustique et authentique.

Clémence

Mon astuce de chef

Pour vérifier la cuisson parfaite de votre far, observez attentivement la surface : elle doit présenter de jolies taches brunes dorées, signe d’une caramélisation réussie. Si vous aimez une texture encore plus crémeuse au cœur, réduisez le temps de cuisson de 5 minutes. À l’inverse, pour un far plus ferme et tranché net, prolongez la cuisson de 5 à 10 minutes supplémentaires. Conservez votre far breton dans un contenant hermétique à température ambiante : il se bonifie même le lendemain, la texture devenant encore plus fondante. Vous pouvez préparer deux fars simultanément et en congeler un : il se conservera parfaitement pendant deux mois et retrouvera toute sa saveur après décongélation lente au réfrigérateur puis réchauffage doux au four.

Accompagnements liquides pour sublimer le far breton

Le far breton s’accompagne traditionnellement d’un cidre brut artisanal, dont les bulles légères et la fraîcheur acidulée contrebalancent parfaitement la richesse crémeuse du dessert. Privilégiez un cidre de Cornouaille ou du Léon, aux arômes de pommes mûres et à la finale légèrement tannique. Pour une version plus festive, optez pour un lambig, cette eau-de-vie de cidre bretonne, servie en petite quantité dans un verre tulipe. Les amateurs de douceur apprécieront un jus de pomme trouble bien frais, qui rappelle les vergers bretons. Si vous préférez une boisson chaude, un thé noir corsé type Assam ou un café allongé créeront un contraste intéressant avec la texture onctueuse du far. Pour les enfants, un chocolat chaud ou un lait ribot (babeurre breton légèrement acidulé) constituent des choix authentiques et savoureux.

L’info en plus

Le far breton trouve ses origines au cœur de la Bretagne rurale du XIXe siècle. Son nom dérive du latin farina signifiant farine, et du breton farz désignant une bouillie de sarrasin. À l’origine, ce dessert rustique se préparait sans pruneaux, avec simplement de la farine de blé noir, du lait et des œufs : une recette économique permettant d’utiliser les ingrédients de base disponibles dans chaque ferme bretonne. Les pruneaux ont été ajoutés plus tardivement, probablement au début du XXe siècle, lorsque ces fruits secs importés d’Agen sont devenus plus accessibles. Aujourd’hui, le far aux pruneaux représente la version la plus populaire, même si certaines variantes incorporent des raisins secs ou des pommes. Dans les familles bretonnes, chaque cuisinière possède sa propre recette transmise de génération en génération, avec des variations subtiles dans les proportions ou l’ajout d’alcool. Le secret du repos prolongé de la pâte reste néanmoins l’élément commun à toutes les recettes traditionnelles authentiques, garantissant cette texture incomparable qui a fait la renommée du far bien au-delà des frontières bretonnes.

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Comment présenter dignement votre far breton

Le far breton se présente traditionnellement dans sa plus simple expression, reflet de ses origines paysannes. Pour une présentation authentique, servez-le directement découpé en parts généreuses dans un plat en terre cuite vernissée, typique de la vaisselle bretonne ancienne. Chaque portion se dépose ensuite dans une assiette à dessert en faïence de préférence blanche ou décorée de motifs bleus traditionnels. La découpe doit révéler la belle répartition des pruneaux et la texture crémeuse caractéristique. Pour une touche de gourmandise supplémentaire, vous pouvez ajouter une petite quenelle de crème fraîche épaisse légèrement sucrée ou une boule de glace vanille artisanale qui fondra délicatement au contact du far tiède. Évitez les décorations trop sophistiquées : un simple saupoudrage de sucre glace au moment de servir suffit amplement. Dans les crêperies bretonnes, le far est souvent accompagné d’un petit pot de caramel au beurre salé que chacun peut napper selon son goût. La présentation doit rester rustique et généreuse, fidèle à l’esprit convivial de ce dessert familial qui se partage sans chichis autour d’une grande tablée.

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Clémence

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