Cette année, pour les fêtes de fin d’année, et si on laissait la traditionnelle raclette de côté ? Loin de nous l’idée de renier ce monument de la gastronomie hivernale, mais avouons-le : entre la logistique de l’appareil, le budget qui peut vite grimper et l’odeur qui imprègne la maison pendant trois jours, elle a parfois ses limites. Laissez-moi vous présenter sa cousine savoyarde, plus discrète mais tout aussi gourmande, et surtout bien plus douce pour votre portefeuille : la croziflette au reblochon.
Imaginez de petites pâtes carrées au sarrasin, les fameux crozets, nichées dans une sauce onctueuse à la crème et aux lardons, le tout gratiné sous une généreuse couche de reblochon fermier fondant et doré… Vous y êtes ? C’est un plat unique, réconfortant et incroyablement convivial. Il incarne à lui seul l’esprit d’un Noël à la montagne, simple, authentique et chaleureux. Oubliez le stress des préparatifs compliqués ; avec cette recette, vous offrirez à vos convives un moment de pur bonheur gustatif, sans pour autant passer des heures en cuisine ni vider votre compte en banque. C’est la promesse d’un repas de fête réussi, où la générosité et la simplicité sont les véritables stars de la table. Alors, prêt à troquer la spatule à raclette contre une simple cuillère ? Suivez le guide, je vous emmène en Savoie pour un Noël inoubliable.
20 minutes
30 minutes
facile
€€
Ingrédients
Ustensiles
Préparation
1. La préparation, un rituel de chef
Commencez par la mise en place, ce geste qui transforme un cuisinier amateur en véritable chef organisé. Épluchez votre oignon et émincez-le, c’est-à-dire coupez-le en fines lamelles. Ne le hachez pas, car les lamelles confites apporteront une texture plus agréable. Ensuite, occupez-vous de la star du plat : le reblochon. Coupez-le en deux dans le sens de l’épaisseur pour obtenir deux disques. Grattez légèrement la croûte si elle vous semble trop forte, mais ne l’enlevez surtout pas, c’est elle qui donnera du caractère à votre gratin. Tranchez l’un des disques en dés et réservez l’autre pour le gratinage. Cette petite astuce de séparer le fromage permet d’en avoir à la fois au cœur du plat pour le liant et sur le dessus pour un gratin parfait.
2. La cuisson des crozets, la base de tout
Portez un grand volume d’eau salée à ébullition dans une casserole. Plongez-y les crozets et laissez-les cuire selon le temps indiqué sur le paquet, généralement entre 15 et 20 minutes. Le secret est de les cuire al dente, ce terme italien qui signifie qu’ils doivent rester légèrement fermes sous la dent. C’est très important car ils vont continuer leur cuisson dans le four et nous voulons éviter d’obtenir une bouillie. Une fois cuits, égouttez-les soigneusement dans une passoire et réservez. Ne les rincez surtout pas à l’eau froide, l’amidon présent à leur surface aidera à lier la sauce et à la rendre plus onctueuse.
3. La garniture, le cœur gourmand de la croziflette
Pendant que les crozets cuisent, faites chauffer une cuillère à soupe d’huile d’olive dans une grande poêle ou une sauteuse. Faites-y revenir les lardons jusqu’à ce qu’ils soient bien dorés et croustillants. Ne les faites pas trop griller pour qu’ils restent tendres. Retirez-les de la poêle avec une écumoire et réservez-les. Dans la même poêle, en conservant le gras des lardons qui est plein de saveurs, faites suer l’oignon émincé à feu moyen. Suer signifie simplement le cuire doucement sans coloration jusqu’à ce qu’il devienne translucide et tendre. Cela prend environ 5 à 7 minutes.
4. Le déglaçage, la technique qui change tout
Une fois les oignons bien fondants, remettez les lardons dans la poêle. Augmentez légèrement le feu et préparez-vous pour une étape cruciale : le déglaçage. Versez le vin blanc d’un coup. Vous allez entendre un grésillement, c’est normal. Avec une spatule en bois, grattez bien le fond de la poêle pour dissoudre tous les sucs de cuisson. Ce sont de véritables concentrés de goût qui vont parfumer votre plat. Laissez l’alcool s’évaporer pendant une minute ou deux, jusqu’à ce que le liquide ait presque entièrement réduit. Cette simple action va décupler les saveurs de votre garniture.
5. L’assemblage et le gratinage, la touche finale
Préchauffez votre four à 180°C (thermostat 6). Dans un grand saladier, ou directement dans la sauteuse si elle est assez grande, versez les crozets égouttés. Ajoutez la garniture lardons-oignons, les dés de reblochon, la crème fraîche épaisse, une pincée de sel (attention, les lardons sont déjà salés), un bon tour de moulin à poivre et la noix de muscade si vous en utilisez. Mélangez délicatement le tout pour bien enrober chaque crozet. Versez cette préparation dans un plat à gratin. Enfin, déposez le second disque de reblochon sur le dessus, croûte vers le haut. Enfournez pour environ 15 à 20 minutes. Le fromage doit être parfaitement fondu, bouillonnant et la surface joliment dorée. Servez immédiatement, bien chaud.
Mon astuce de chef
Pour une croziflette encore plus crémeuse, incorporez la moitié de la crème fraîche à la garniture dans la poêle et mélangez l’autre moitié avec les crozets avant l’assemblage final. Cela garantit une sauce parfaitement homogène et une onctuosité incomparable. Vous pouvez aussi ajouter quelques champignons de Paris émincés et poêlés avec les oignons pour une version forestière.
Accords mets et vins
Pour sublimer ce plat savoyard, rien de tel qu’un vin de la même région. Un vin blanc sec et fruité sera le compagnon idéal. Optez pour un Apremont ou une Roussette de Savoie. Leur vivacité et leurs arômes de fruits blancs apporteront une fraîcheur bienvenue qui tranchera avec le gras du fromage et des lardons, équilibrant ainsi parfaitement le plat sans l’alourdir. Servez-le bien frais, autour de 10°C.
Un peu d’histoire sur ce plat réconfortant
La croziflette est une création relativement récente, inspirée de sa célèbre grande sœur, la tartiflette. Son nom est une contraction de ‘crozet’ et ‘tartiflette’. Les crozets, eux, sont bien plus anciens. Ces petites pâtes carrées, traditionnellement à base de farine de sarrasin ou de blé, sont une spécialité de la Savoie depuis le 17ème siècle. Leur nom viendrait du patois savoyard ‘croé’, qui signifie ‘petit’. C’est donc un plat qui marie à merveille la tradition d’une pâte ancestrale et la modernité d’une recette gourmande et conviviale, devenue un classique des repas au ski et des tablées hivernales.
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